Lost in l’Esteron

C’est un de ces matins, où il n’y a pas le feu, j’en profite pour regarder une carte. Sur le papier l’idée est intéressante, partir de Gréolière-station direction l’Esteron et remonter tout ça. Mais sur le terrain c’est pas pareil…


  • Date : 19 mai
  • Départ : 11h
  • Altitude : 1456
  • Dénivelé + 1134
  • longueur : 15 km
  • Arrivé : 16h

Un minimum de préparation

Avant de partir en rando solo, mieux vaut prévoir quelques indispensables, sans quoi ça peut vite dégénérer. La bonne carte IGN, de quoi faire face à un changement météo, mon portable bien chargé, 3 litres (d’eau) minimum pour 5h de marche et de la nourriture en trop au cas où, ma trousse de secours, mon briquet et un couteau.


Ready go !

Une fois les préparatifs ok, c’est le départ direction Gréolière et là, je profite de cette sensation de liberté. J’ai choisi d’être indépendant, je peux donc faire ce que je veux. Explorer la nature, c’est un besoin instinctif, une réponse à mes interrogations métaphysiques. « The natural mystique ». Bizarrement je me retrouve à m’auto-filmer en train de courir dans les bois, je fais du trailfie ! Il y a quelques années, j’ai vraiment pris du plaisir à filmer des champions de VTT sur le Mont Kenya et je me dis que me mettre en scène, comme rédiger ce blog, ça m’amuse et ça me permet de témoigner de mon expérience. Si il y a un peu d’égo là dedans, j’assume. Bref, j’attaque le Gr4, et après une courte montée dans les sapins, ça cale dans les sous-bois et c’est un gros kif de courir là dedans.

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Après quelques virages tendus et sauts de cabris de toutes beautés, le décors se dévoile d’un coup, à vous couper le souffle !

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Je croise deux canadiennes qui avaient l’air bien épuisé. Elles me racontent qu’elles randonnent depuis 3 jours au départ d’Entreveaux ! De vraies warriors ces nanas. Elles semblent en avoir plein les bottes, J’essaie de les rassurer en leur expliquant qu’il ne leur reste qu’une demi-heure de marche bien raide avant Gréolière-les-neiges. Après coup, j’ai peut-être sous-estimé le timing, j’espère qu’elles ne m’en voudrons  pas…

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Je prend ma dose de verdure en continuant la descente. Au loin j’aperçoit un joli fil d’eau en bas de la vallée, bientôt j’aurais les pied dans l’Esteron !

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Et voilà, j’arrives à mon objectif : la rivière turquoise. Je tombe direct sur un endroit magique, et là je me dis qu’il n’y aura pas mieux pour manger un morceau. Malgré la fraîcheur de l’Esteron, je me jette à l’eau. Après cette longue descente, ce glaçage me remet au top. Extase extrême… Je fais mes ablutions dans ce paradis et après avoir séché, j’attaque mon saucisson comme un sauvage.

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Sentier fermé, parcours bis

A partir du pont de Vagay, ça se complique, le sentier que j’avais prévu de prendre est fermé et je dois faire un bout de chemin sur le bitume… Je passe par le pont suspendue de Vascogne, pas au top de sa forme la construction ! Et comme la série continue, le sentier indiqué est bientôt dévié par une flèche en orange fluo et des marquages fluos réguliers, certainement un sentier de chasseur. Je fais un point sur la carte, je me pose la question du demi tour. Je visualise bien ma position et décide de continuer à travers les bois en évitant les zones abruptes, je devrais rejoindre un sentier officiel rapidement. Je profite d’un peu de réseau pour appeler ma chérie, je lui explique que je ne serais pas à l’heure pour les enfants ! Ça devient plus physique mais au bout de 20 mn je rejoins le sentier comme prévu. Au moment de bifurquer à Gerbière pour monter sur Gréolière-les neiges, le pancarte indiquant le chemin est arrachée et je décide une nouvelle fois de prendre le sentier… Ça mène à une source et après, plus rien. Re-point sur la carte et je me dis qu’il ne reste plus beaucoup de distance avant le sommet. Le terrain est raide mais ne me semble pas insurmontable.

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Mes jambes commencent à chauffer sec. J’entend un animal pas loin, ce doit être un sanglier. Je prends beaucoup de sentiers formés par les animaux, je partage un truc avec eux à ce moment là. Encore un dernier effort et ça devrait se dégager, la végétation change, ça sent le sapin et c’est pas pour me déplaire ! Ça y est j’aperçois les balafres de la station de ski, je suis enfin arrivé mais avec quelques crampes aux cuisses. À 200 mètre de l’endroit ou j’avais garé ma voiture, je repère un mouvement furtif, je me met à l’affût ! Ça m’a l’air d’être un cervidé. Pendant quelques secondes je croise le regard d’une belle biche. On se matte et hop elle disparait, bitch !

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Premier bivouac avec fiston

J’ai profité de ce jour de l’ascension pour amener mon fils Mano camper au Baou de La Gaude. J’ai été fasciné par sa curiosité et le foisonnement de son imagination au milieu de la nature.


  • Date : 5 mai 2016
  • Depart : 14h30
  • Longueur : 3 km allé, 3km retour
  • Dénivelé + : 428
  • Arrivée 16h30
  • Bivouac dans la clairière du Gros Chêne

J’attendais ce moment depuis longtemps. Pouvoir amener mon fils en randonné et profiter de la liberté de dormir dehors. Avec l’arrivé du printemps, le moment semblait idéal. Je connaissais bien cette marche et ce lieu de campement pour l’avoir pratiqué de nombreuses fois avec mes amis. On montait bien chargé en bières, rhum, percussion et tout ce qui faut pour faire la bringue à la belle étoile, je me souviens l’avoir fait avec des béquilles une fois…


Les préparatifs

Le matin du départ je prépare avec le plus grand soin mon sac, le matériel et la nourriture. Au final je me retrouve avec un gros chargement et du surplus à tous les niveaux mais pour une première je préfère viser large. Après un bon plat de pâte en famille on décolle pour Gattières, on partira de l’ancienne voie romaine direction le Baou de la Gaude.


La marche

Le début de la randonné est très raide et on marque de longues pauses. Mano, mon fils, s’arrête souvent pour observer les cailloux, les fleurs et les lézards, je fais bien attention à ne pas l’interrompre. On est là pour prendre notre temps et profiter de la nature. Je le film de temps en temps. Je lui explique les marquages du sentier et il décide de marquer à son tour le chemin en frottant des écorces sur des roches plates. Pour surmonter sa fatigue, Mano chante, invente des mots, hurle pour me tester, d’habitude ça m’aurait irrité mais là ça me fait rire et je suis trop content. Je lui donne du chocolat et on prends le temps de s’imprégner des odeurs et des chants d’oiseaux. Plus on monte, plus le monde d’en bas ressemble à un tapis avec des jouets, et je me dis que c’es une bonne façon de prendre du recul.

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Le Gros Chêne

Arrivé au sommet, la vue s’ouvre vers le col de Vence et le Baou de St Jeannet. Mano revigoré ausculte tous les tas de cailloux formés par les bergés. Il découvre pleins de choses que je n’avais jamais vu, comme de belles larves de papillons. La perspective de dormir sur place change le rapport au temps, on est plus libre. Notre seul impératif est de monter la tente avant la nuit et il n’est que 16h… Nous traversons lentement la forêt du Gros Chêne et on arrives enfin devant ce géant. Cet arbre dégage une puissance et un sérénité absolue. On fait le tour, Mano joue à faire le moine au pied du chêne. Derrière, la clairière l’attire et il continue l’exploration. Il fait beau, je pose mon sac de 3 tonnes et profite du moment. Deux amoureux sont déjà sur les lieux et notre présence ne semble pas les distraire, trop occupés à se rouler des pelles les coquinoux.

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Le campement

On cherche alors le meilleur endroit pour la tente, Mano aimerait la poser en plein milieu, mais je connais le lieu et on peut vite se retrouver au milieu d’une bande de joyeux fêtards tout bourré. Je découvre une réstanque qui longe la clairière, ce sera parfait. Je monte la tente en installant les affaires au bon endroit. Mano délire avec la cendre laissé par les anciens feux, il s’est re-baptisé « Maître Poussière », c’est génial de le voir s’amuser comme ça.  Ensuite on part découvrir le terrain autour de notre maison d’un soir. On fait littéralement le tour en ramassant de quoi faire un petit feu (c’est certainement interdit mais fuck it, je ne vais pas lui ôter ce plaisir du feu de camp pour sa première nuit dehors).

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Je l’amène observer la vue en haut du Baou, je lui indique tous les lieux qu’il connait et qu’il peut voir d’un coup, l’Italie, Nice, le stade, l’aéroport, le Cap d’Antibes, l’Estérel… On croise des scoute-girls aguéries qui profitent de leur intimité avec la nature pour se raconter leur secrets de girl. Les amoureux de la clairière redescendent par cet endroit en nous souhaitant une bonne soirée.

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La nuit commence à tomber, on allume notre feu et comme prévu la bande de jeunes fêtard débarque. C’est marrant cet endroit il y a pleins des jeunes ! Ils sont à la bourre, les gars vont chercher le bois et les filles se battent avec leurs tentes.

Ils viennent se présenter et même nous offrir du saucissons. J’ai l’impression d’être un autochtone.

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De notre côté, on est super en place, on se fait cuire une soupe aux nouilles, on mange des dates, on se roule dans l’herbe comme des gorilles, c’est parfait. On joue avec la slack-line des jeunes, je les observes gentiment, ils me rappellent trop moi et mes potes quand j’avais leur âge. Mano joue avec le feu, si bien qu’au bout d’un moment je lui propose de filer notre surplus de bois aux jeunes et de se préparer à venir sous la tente. Pour une fois il ne râle pas pour aller se coucher. Et après s’être bien excité avec son sac de couchage, il essaie de lire son livre Pokémon et hop terminus, le petit autochtone s’endors profondément.  Nos voisins batifolent, passent quelques bons morceaux, y’a de la basse et finalement ça fini par m’endormir.

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Le lendemain, on se réveil tranquillement. L’air est frais, on se réchauffe sur un pierrier ensoleillé. Mano est câlin, il se colle à moi, on émerge en prenant un bon petit dej’. On regarde les jeunes émerger à leur tour, c’est amusant. Pendant que Mano traffic dans les bois je plie le campement. On dis au revoir aux jeunes, au Gros Chêne et on reprend notre chemin, c’était vraiment parfait.

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La Montagne du Cheiron, en long, en large et en travers

Avec mon pote Arnaud, aka Parpagnass, on s’est fait la crête du Cheiron, une belle boucle de 20km  avec une vue à 360° pour se remettre en jambe.


  • Date : 29 avril 2016
  • Depart : 9h30, altitude : 839m
  • Longueur : 20 km
  • Altitude max : 1778m Cime du Cheiron
  • Dénivelé + : 1200
  • Arrivée 15h
  • Bar : Le relais à Gréolière village. Pietra à 3€

Cette montagne je la vois depuis très longtemps, sans jamais y être monté. Depuis quelques mois j’ai décidé de parcourir toute la partie vue mer des Alpes du Sud. J’ai trouvé plein de parcours assez exigeants et de conseils utiles en m’intéressant à la formation d’accompagnateur en moyenne montagne. Je ne sais pas si je deviendrais un pro de la montagne mais quoi qu’il en soit, c’est une bonne manière d’acquérir des connaissances sur la montagne.


Petit résumé de la sortie du jour

Je ne vais pas vous faire le topo sur cette balade, il en existe déjà un super ici (topo sur la boucle). Au départ on croise le Château de Haute Gréolière, un village fantôme avec une jolie vue sur le village de Gréolière, c’est mignon, c’est le printemps. Ensuite on attaque une monté franche le long des barres du Cheiron sur le GR4. Ça chauffe les gambettes et on prend rapidement de l’altitude. La traversé d’une forêt rafraichissante offre une belle vue sur le domaine du Haut Thorenc.

Treck Cheiron

On marche un temps sur des lapiaz, (je viens de découvrir le mot) ce sont des formations géologiques créées par le ruissellement sur les roches calcaire et c’est très beau. On commence à voir la cime du Cheiron et aussi le mauvais temps, ça gâche une vue incroyable entre le Mercantour et la mer mais ça donne un côté inquiétant à la montagne. Les antennes, pilonnes et autre remontés mécaniques viennent s’ajouter au spectacle, on se croirait dans un décors de guerre… On ne traine pas et on commence à cavaler sur la crête, et c’est là que c’est bon.

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Plus de 5km de crête avec un panorama à 360°. Mes « La Sportiva » commencent à s’amortir. Il est midi passé, je trouve un endroit bien protégé du vent et avec Arnaud on casse la croûte, sandwich au pâté et kiwi au menu. On a bien regretté le petit coup de rouge et le café… ce sera pour la prochaine fois. On repart et rapidement on aperçoit le village de Coursegoule, on croise un petit camping-car au milieu de la pampa, et je me dis que son propriétaire à tout compris. Cette fois on entre dans la forêt. C’est un peu plat à mon goût mais des chênes imposants parcourent le sentier. Après quelques attaques d’abeilles super stressantes et un dernier effort en remontant par la piste de décollage des parapentes, on reviens à notre point de départ et à l’objectif qu’on s’était fixé : une Pietra bien fraiche en terrasse.

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Ça part de là !

Voilà un petit retour sur mon enfance. Si j’ai toujours besoin de bouger et de me retrouver au milieu de la nature, c’est grâce aux souvenirs de mes premières découvertes.


Après l’école, la forêt

J’ai eu la chance de passer mon enfance prés de la forêt, vers Antibes. Tout les soirs aprés l’école, je jetais mon sac à dos devant la porte de la maison et je filais aussitôt dans les bois avec mon chien « Doudoune ». Je passais la moitié du temps en haut des arbres et Doudoune chassait les lapins. Un jour elle m’a ramené un joli petit lapin en ayant pris soin de lui ôter les papattes avant. Ma spécialité, c’était les cabanes minutes, dites « antisismique », faites à base de branchage et de feuille, c’était une construction « roots » mais rapidement utilisable. Je rentrais à la nuit tombé, crados et bien heureux !

On habitais prés d’un golf avec ma famille, qui était en fait notre ancienne propriété de mon grand père, un homme d’affaire insatiable. Il avait perdu la propriété en investissant un peu trop dans les studios de cinéma de la Victorine. J’ai jamais trop aimé le golf, ces forêts rasés puis transformés en pelouse bien tondu avec des CSP+ toujours pressés et sapés comme des champions. Mais c’était un bon terrain de jeu pour faire des conneries, avec un pote on volait les balles des golfeurs, on faisait du saut en longueur dans les bunkers et on avait inventé le running golf, une sorte de parcours de quelques trous en courant.

Vers 9 ans j’ai testé le rugby, je me souviens de mon premiers plaquage, direct la bouche en sang ! J’avais un grand sourire tellement ça me paraissant incroyable de pouvoir chopper d’autre gamins en pleine course. A 12 ans je faisais 1 mètre 20 et face à des gars de 14 ans bien formés ça m’a calmé net, c’était déjà la fin de ma carrière « rubystique » comme on dit dans le jargon. Ensuite j’ai eu une grosse période skate et snowboard. C’était super créatif, on faisait ce qu’on voulait et surtout n’importe quoi, mes chevilles s’en souviennent encore. Je chopais pas beaucoup de nenettes, même aucune, j’étais trop mimi vous comprenez. Le respect je le gagnait à coup de flip, de grabs bien twikés au dessus du banks du collège et à ma capacité naturelle à tenir à l’alcool.

Aujourd’hui, je retrouve toutes ces sensations en courant dans les sentiers ou en partant en montagne. J’adore explorer de nouveaux espaces, observer autours de moi, utiliser le terrain pour être plus fluide, plus rapide, sentir mon corp me brûler sous l’effort et libérer plein de substances incroyables.